OM : Rabiot règle ses comptes et pointe du doigt la direction du club

Depuis le centre national de Clairefontaine, Adrien Rabiot a choisi de s’exprimer publiquement pour la première fois depuis son départ précipité de l’Olympique de Marseille. Le milieu de terrain, désormais sous les couleurs milanaises, a profité du rassemblement de l’équipe de France pour revenir sur cet épisode douloureux, livrant un récit marqué par la déception et l’incompréhension.
Écarté du groupe marseillais à la fin du mois d’août à la suite d’une altercation dans le vestiaire, Rabiot n’avait jusqu’alors jamais donné sa version des faits. Il confie aujourd’hui avoir ressenti une profonde amertume, évoquant “de l’incompréhension et une forme de trahison”. Il insiste sur le fait que la décision de la direction olympienne de le placer sur la liste des transferts reste pour lui un mystère, et que l’incident avec Jonathan Rowe ne justifiait en rien une telle sanction.
Le joueur tient à défendre son intégrité, refusant que l’on ternisse son image. “Je n’ai jamais été quelqu’un de violent, je ne veux pas qu’on emploie les mauvais mots à mon sujet.” Ce qui le blesse le plus, au-delà de l’aspect sportif, c’est l’atteinte à sa réputation. Il réclame que l’on ne déforme pas sa personnalité et qu’on ne le décrive pas comme un joueur non impliqué ou irrespectueux.
Rabiot, qui avait su s’imposer comme un élément clé de l’effectif la saison précédente, estime que le club a exploité cet incident pour précipiter son départ. “Ce qui m’importe, c’est qu’on ne mente pas à mon sujet, qu’on ne parle pas d’une personne que je ne suis pas.” Il se sent injustement sacrifié, et la blessure morale semble plus profonde que la simple éviction sportive.
Malgré cette rupture brutale, Rabiot ne renie rien de son passage sur la Canebière. Il garde un souvenir ému de son expérience marseillaise, saluant la ferveur du Vélodrome et l’attachement unique de la ville à son club. “Je suis ultra-content de mon aventure à Marseille. J’ai pris beaucoup de plaisir”, confie-t-il, tout en soulignant la difficulté d’accepter une telle fin après une saison marquée par le soutien indéfectible des supporters.
Le sentiment de trahison reste néanmoins prégnant, même si Rabiot continue de recevoir de nombreux messages de sympathie de la part des fans olympiens. “Ils m’ont trahi” résume-t-il, pointant du doigt la direction du club plutôt que l’environnement marseillais dans son ensemble.
Pendant ce temps, l’OM semble avoir tourné la page sans difficulté. Sous la houlette de Roberto De Zerbi, le club phocéen occupe la deuxième place du championnat et enchaîne les performances convaincantes. Si l’amertume de Rabiot est palpable, ses déclarations risquent de n’avoir que peu d’impact sur une institution qui a su rebondir sans lui. La rupture est consommée pour Marseille, mais pour Rabiot, la cicatrice reste ouverte.